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Ils créent une nouvelle compagnie lausannoise d’hélicos

BLÉCHERETTE | Six entrepreneurs du canton — parmi lesquels l’ancien député Patrick de Preux et le patron d’EMS Bernard Russi — ont créé Héli-Lausanne SA. La société veut être active dans le transport commercial et l’école de vol. Un service similaire avait déjà existé à la Blécherette jusqu’en 1998.

© GÉRALD BOSSHARD | Une partie de l’équipe d’Héli-Lausanne (de g. à dr.): Michel Cédric (pilote), Eric Favrod et Daniel Grandguillaume (fondateurs), Yoan Trolliet (pilote) et Patrick de Preux (fondateur).


JULIEN MAGNOLLAY | 23.01.2010 | 00:02

Ils sont directeur de gravière, entrepreneur-paysagiste, notaire, patron de garages ou encore directeur d’EMS. Leur point commun: la passion des hélicoptères. «On a d’abord créé une association, en 2007, explique Patrick de Preux, notaire et ancien député libéral. C’était une équipe de copains. On s’est vite dit qu’il fallait se lancer dans une opération commerciale. Lausanne est une place fantastique! C’est centré, et les compagnies d’hélicos les plus proches sont à Genève et en Gruyère.»

Décrocher la lune
Les fondateurs d’Héli-Lausanne SA – parmi lesquels se trouve le patron d’EMS Bernard Russi – ont acheté trois hélicoptères: un Jet Ranger (4 places passagers), un Ecureuil (5 places passagers) et un petit appareil de formation (2 places). Une flotte respectable, qui vaut environ 2,5 millions de francs. «Chaque fondateur a mis une base du capital, qui a ensuite été complété par un emprunt», explique Daniel Grandguillaume, directeur la gravière La Poissine, à Grandson. La société a obtenu le 20 décembre dernier l’autorisation pour des vols commerciaux de la part de l’Office fédéral de l’aviation civile (OFAC). «Ça a été plus difficile que d’aller sur la lune», sourit Patrick de Preux.

Héli-Lausanne propose déjà du transport de personnes. «Nous pouvons, par exemple, aller chercher à Genève des VIP qui veulent se rendre rapidement à Gstaad», explique Eric Favrod, patron de garages à Bercher, à Thierrens et à Saint-Cierges. Dès mars, la société emploiera un instructeur à 50% et développera son activité de formation. A terme, elle proposera aussi du transport de charge (chantier, matériel). «Notre intérêt, c’est aussi de faire tourner l’aéroport de la Blécherette, qui est, je le rappelle, entièrement privé», souffle Patrick de Preux, également administrateur de l’aéroport. Chaque mouvement d’hélicoptère rapporte 35 francs de taxe à la Blécherette.

Grâce à Héli-Lausanne, la capitale vaudoise renoue avec une compagnie d’hélicoptères commerciale basée à la Blécherette. Vers la fin des années huitante, Héli-Genève y avait ouvert une filiale. Cette activité avait ensuite été reprise par Vautair SA, elle-même avalée en 1994 par Trans-Héli, une filiale d’Air-Glaciers. En 1998, Air-Glaciers transférait son dernier hélicoptère de la Blécherette à Collombey.

Christian Rosat, responsable de la base Air-Glaciers à Collombey, a travaillé de 1992 à 1998 à la Blécherette, pour Vautair, puis Trans-Héli. «Je pense que cette nouvelle compagnie ne devrait pas trop avoir de problème à trouver des clients pour le transport de personnes et pour la formation. Le bassin de population de Lausanne est important. Par contre, je suis plus sceptique pour le transport de marchandises. Le marché se trouve davantage dans les zones difficiles d’accès, comme les Alpes. Mais je souhaite bon vent à Héli-Lausanne!»

www.heli-lausanne.ch

Source: Quotidien 24Heures